Depuis quelques années, le véganisme connaît un certain engouement et de plus en plus d’étiquettes affichent le caractère « végan » d’un produit. Aujourd’hui, le mot « végan » semble avoir supplanté dans le langage courant des appellations comme « végétalien » sans pour autant en être l'exact équivalent. D’un autre côté, des associations se revendiquant du mouvement végan militent activement pour la disparition de l’élevage et, par conséquent, de tous les aliments et produits dérivés issus d’animaux.

Positionnement de l'association Biovillage

L'association Biovillage respecte le choix de chacun d'adopter un régime particulier, végétarien, végétalien ou autre.
L'association soutient également l’idée de réduire notre consommation de viande.

Plus qu'un régime alimentaire, le terme végan (définit par la Vegan Society) semble vouloir définir et imposer un mode de vie, ce que n'englobe pas le terme végétalien qui se réfère uniquement au type de consommation alimentaire. D'ailleurs, des associations radicales se revendiquant du mouvement végan militent activement et sans nuances pour la disparition de l'élevage.

L'association Biovillage dénonce les conditions de vie et d'abattage imposés aux animaux par l'élevage industriel, mais la disparition de l'élevage paysan va à l'encontre des fondements agroécologiques de notre projet de société.

L’agriculture biologique intègre dans les agrosystèmes du vivant, sol, végétal et animal, selon un mode de gestion global. En ce sens, même si l'association Biovillage milite pour le respect des besoins et des cycles de vie des animaux qu’elle considère comme des êtres sensibles, elle défend aussi la place de l’élevage dans le monde agricole et dans l’alimentation.

La stigmatisation dont souffrent actuellement les éleveurs et certains artisans, les pointant comme pollueurs et barbares, ne fait aucune différence entre élevage industriel et élevage biologique.
Or, c’est le modèle industriel intensif qui est à rejeter : hors-sol, grand consommateur de protéines végétales (pour la plupart produites à l’étranger et détruisant les agricultures vivrières ou les forêts et OGM), producteur de grandes quantités d’effluents et contribuant, par leur production et de nombreux transports à l’effet de serre.

Pour nous, défenseurs de l’agroécologie, un monde sans élevage, ce serait :

  • un monde déconnecté des cycles de la nature et des animaux,
  • un monde artificiel gouverné par la chimie et l’industrie agro-alimentaire et pétrolière pour fertiliser les plantes,
  • un monde où l’on nous proposerait des plats de protéines reconstituées pour nous fournir les éléments nutritifs indispensables à l’homme qui ne se retrouvent pas dans les végétaux (comme la vitamine B12),
  • un monde où l’on serait prêt à exporter des produits végétaux de l’autre bout de la planète pour « reproduire » le goût d’un fromage par exemple,
  • un monde où l’on nous proposerait des vêtements et chaussures par synthèse pétrochimique,
  • un monde où les paysages ne seront plus façonnés, ni entretenus par les animaux,
  • un monde sans paysan-éleveur, un monde urbain, un monde hors-sol.

Pour toutes ces raisons et par conviction, l'association Biovillage ne souhaite nullement être assimilée au mouvement végan.