À priori, le concept d’agriculture est assez simple : tirer parti de la terre pour que celle-ci nous apporte de quoi manger. Mais aujourd’hui, les formes d’agriculture se multiplient : biodynamique, biologique, raisonnée, intégrée… De quoi déstabiliser le consommateur.

Les différentes formes d’agriculture

Différentes formes d’agriculture font à présent parler d’elles : des modèles plus durables et plus éthiques pour faire face aux inégalités alimentaires et à la nécessité de nourrir une population mondiale grandissante ?

Agriculture biologique : un mode de production reconnu

L’agriculture biologique est sans doute l’un des modes de production agricole les plus connus du consommateur puisqu’il est facilement reconnaissable par le logo AB.

Aujourd’hui, le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire définit l’agriculture biologique comme l’application de « pratiques culturales et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Ainsi, l’agriculture biologique exclut l’usage de produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants ».

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L’agriculture biologique a plusieurs intérêts. Pour l’agriculteur et pour l’environnement, ce mode de production a pour avantage de préserver la qualité des sols, la biodiversité, l’air et la qualité de l’eau.

Côté consommateur, le logo AB permet d’assurer à l’acheteur un produit de qualité pour lequel les apports de produits phytosanitaires ont été limités, et les produits chimiques proscrits.

Pour pouvoir être labellisés, les agriculteurs et producteurs de viandes ou de produits transformés doivent se plier à une réglementation et un cahier des charges très stricts. Concernant l’élevage, les animaux doivent être élevés à l’air libre, et leur alimentation doit également être bio. Les animaux élevés de façon biologique ne reçoivent pas non plus d’hormones de croissance ou encore d’antibiotiques.

L’Agriculture Biologique se veut donc être une agriculture respectueuse de la terre, de l’environnement, des produits et des animaux afin d’offrir aux consommateurs une production de qualité, saine, et non transformée ou modifiée. La filière du bio est bien contrôlée.

L’agriculture raisonnée : un mix entre respect de l’environnement et rentabilité

L’agriculture raisonnée est à ne pas confondre avec l’agriculture biologique : il s’agit de deux conceptions différentes de l’agriculture, strictement définies par l’État.

Ainsi, le ministère de l’Agriculture définit l’agriculture raisonnée comme correspondant « à des démarches globales de gestion d’exploitation qui visent au-delà du respect de la réglementation, à renforcer les impacts positifs des pratiques agricoles sur l’environnement et à en réduire les effets négatifs, sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations ».

Concrètement, cela signifie que si les agriculteurs adeptes de l’agriculture raisonnée intègrent la protection de l’environnement et le respect du bien-être animal dans leurs techniques de production, ils ne s’interdisent pas par exemple l’utilisation de produits chimiques à certaines périodes critiques de l’année, afin d’assurer la rentabilité de leur production.

À côté de cela, l’apport d’intrants est contrôlé, et leur impact environnemental est étudié, pour être minimisé. Les exploitations agricoles raisonnées semblent en réalité être un mélange d’agriculture biologique et d’agriculture intensive, afin de proposer des produits sains, parfaitement intégrés dans leur environnement local, sans pour autant toucher à la productivité.

L’agriculture intensive : la rentabilité avant tout

L’agriculture intensive a un objectif principal : la rentabilité. Il ne s’agit pas seulement de viser une rentabilité économique à tout prix, mais aussi de répondre au défi que constitue l’alimentation de tous, et cela alors que la population mondiale ne cesse de croître.

Minimiser les pertes et maximiser le rendement des terres passent par une utilisation importante d’intrants et de produits chimiques. L’agriculture intensive tente de tirer le maximum des sols, malgré les risques d’un appauvrissement des terres.

Dans ce type d’agriculture, l’usage de produits de synthèse chimiques comme les engrais chimiques, les insecticides et les régulateurs de croissance ainsi que l’utilisation de machines aidant à la production permettent d’optimiser la production par rapport aux moyens de production.

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Si l’on peut comprendre la nécessité de l’agriculture intensive dans le but de nourrir une planète toujours plus peuplée, cette forme de production est montrée du doigt du fait de la pollution qu’elle engendre.

Une agriculture qui met en danger l’environnement

L’utilisation massive de produits chimiques et pesticides entraîne une pollution des sols, pollution qui touche également les nappes phréatiques et les cours d’eaux avoisinants. Or même si l’eau est traitée avant d’être distribuée, le procédé ne peut éliminer l’ensemble des traces de nitrates par exemple, nuisant à la biodiversité et à la santé de l’Homme.

De plus, toujours par souci de productivité, les surfaces agricoles s’étendent, grignotant à chaque fois un peu plus d’espace, sur la forêt par exemple, et détruisant les autres espèces végétales dans le but de cultiver des terrains. Ce phénomène ne tend pas à diminuer alors que cette agriculture intensive épuise les sols, nécessitant alors un déplacement des cultures.

D’autre part, les cultures deviennent aujourd’hui de plus en plus résistantes aux produits chimiques utilisés, ce qui nécessite d’utiliser de plus en plus de produits nocifs pour l’environnement afin de maintenir la production.

La biodynamie : entre ciel et terre

Le principe d’agriculture biodynamique a été développé par Rudolf Steiner en 1924. Le fondateur de ce que l’on appelle l’anthroposophie, a donné plusieurs conférences à des agriculteurs inquiets de voir apparaître de nouvelles maladies sur leurs plantes et de constater une dégénérescence de leurs semences.

Enfant sautillant

Steiner en a alors déduit que l’origine des maladies n’était pas dans les plantes, mais dans les sols et la terre, base de toute culture. Il définit ainsi son principe :

« L’agriculture biodynamique est une agriculture assurant la santé du sol et des plantes pour procurer une alimentation saine aux animaux et aux Hommes. Elle se base sur une profonde compréhension des lois du ‘vivant’ acquise par une vision qualitative/globale de la nature. Elle considère que la nature est actuellement tellement dégradée qu’elle n’est plus capable de se guérir elle-même, et qu’il est nécessaire de redonner au sol sa vitalité féconde indispensable à la santé des plantes, des animaux et des Hommes, grâce à des procédés ‘thérapeutiques’. »

Un principe louable qui est mis en pratique par l’utilisation de préparations « biodynamiques » comme la « bouse de corne » (bouse de vache introduite dans une corne et enterrée l’hiver venu pour traiter les sols et racines), l’incinération le jour de la pleine lune, pour ne citer que quelques exemples…

De l’influence des astres sur la culture

La place de la lune, du soleil, des planètes et des rythmes zodiacaux sont également pris en compte pour effectuer certaines préparations et traitements tandis qu’un calendrier définissant les jours comme « feuille », « fleur », « fruit », et « racine » a également été mis en place.

Agriculture durable : la culture considérée dans son ensemble

L’agriculture durable est définie par le Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement comme « un mode de production agricole économique viable, socialement équitable et qui ne nuit à l’environnement ni à la santé ».

Ce mode de production se situerait donc à mi-chemin entre l’agriculture biologique, tournée vers le respect de la terre, et l’agriculture raisonnée, tournée vers une productivité moins nocive à l’environnement.

L’agriculture durable prend en compte la qualité des cultures, la préservation des ressources naturelles, le bien-être animal ainsi que le bien-être des exploitants et salariés agricoles.

Dans les grandes lignes, l’agriculture durable a pour objectifs :

  • de préserver la ressource eau et sa qualité  ;
  • de protéger la biodiversité sur ses terres ;
  • de lutter contre le changement climatique  ;
  • de construire un environnement respectueux de la santé de tous ;
  • de limiter l’érosion des sols tout en les préservant ;
  • de réduire les risques naturels ;
  • de préserver les paysages.

L’agriculture durable ne s’interdit pas l’utilisation de produits chimiques mais tente autant que possible de les limiter afin de protéger l’environnement. Cela passe par un choix réfléchi des semences cultivées qui doivent être peu vulnérables, une étude des dates de semis et de récoltes, ainsi que des apports en engrais afin de limiter l’apparition d’insectes ravageurs.

L’agriculteur durable remplace aussi l’engrais chimique par de l’engrais organique, issu si possible de l’exploitation, et lutte contre les insectes en utilisant des prédateurs naturels.

Les exploitations durables cherchent également à limiter l’eau et l’énergie consommée, tout en optimisant les déchets et en diversifiant les activités et les cultures pour des écosystèmes toujours préservés.

Le respect de l’environnement est la base même de l’agriculture durable.

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La permaculture

La permaculture est un concept difficile à cerner. Cela combine design, mode de vie et mode de culture, le tout dans un respect permanent de l’environnement et de l’Homme.

La permaculture est un art de vivre qui allie l’art de cultiver la terre pour la rendre fertile indéfiniment, à l’art d’aménager le territoire. Un parcours permaculturel débute avec l’éthique et les principes de conception, puis progresse à travers les domaines clés nécessaires à la création d’une culture durable. La trajectoire qui évolue en spirale, raccorde ces domaines et progresse du cadre personnel et local au collectif et global.

différentes formes d'agriculture, permaculture

Sur une zone de permaculture, la production de nourriture par le biais de cultures est complètement intégrée aux habitats humains. Le tout est teinté d’écologie et de respect de la Terre et de l’environnement par le biais d’une préservation des ressources et une attention particulière donnée à la consommation raisonnée.

L’objectif est alors de vivre en harmonie avec la Terre et ce qu’elle nous apporte par le biais de cultures permanentes.

L’agriculture intégrée

L’agriculture intégrée a été définie par l’Institut de technique des céréales et fourrages comme : « Un système intégré correspondant à une approche globale de l’utilisation du sol pour la production agricole, qui cherche à réduire l’utilisation d’intrants extérieurs à l’exploitation (énergie, produits chimiques) en valorisant au mieux les ressources naturelles et en mettant à profit des processus naturels de régulation ».

L’agriculture intégrée, c’est donc tirer le meilleur parti de ce que peut apporter la terre et la nature, en adaptant parfaitement les cultures aux spécificités géographiques de la zone, tout en étudiant les bénéfices à tirer de l’environnement, comme par exemple la qualité du blé à recycler de la potasse.

Les cultures sont alors diverses et variées, mais toutes ont un rôle et sont en adéquation avec la terre sur laquelle elles sont implantées.

Les cultures associées

Le principe d’association de cultures est assez simple à saisir : il s’agit d’associer diverses essences végétales sur une même parcelle, afin que ces dernières tirent le meilleur parti de chacune d’entre elles.

Concernant ce type de culture, les spécificités de chaque plante peuvent servir à d’autres, comme par exemple l’utilisation de la capucine qui attire les pucerons pour protéger les cultures avoisinantes. Ainsi, les cultures associées n’utilisent pas ou peu les insecticides.

Source : Consoglobe