20 % d’agriculteurs bio en France en 2020, c’est possible !

Même si certains systèmes agricoles industriels demanderont du temps pour évoluer vers la bio, un grand nombre de fermes françaises pourraient rapidement s’y convertir… à condition d’en avoir la volonté et de bénéficier d’un accompagnement technique, économique et politique.

En particulier, il est inadmissible que seuls quelques pourcents des fonds agricoles français soient consacrés à la bio. Les économistes considèrent qu’une filière en développement doit être soutenue à hauteur de l’objectif qu’on lui donne… et pas à hauteur de son poids à l’instant T : puisque le Grenelle de l’environnement prévoit d’atteindre 20 % de bio en 2020, il est impératif de consacrer à la bio 20 % de la recherche agronomique, des fonds de formation et des fonds de développement agricole français. Tout chiffre inférieur est incohérent et inconséquent.

 

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La nécessité d’une volonté politique claire et partagée

Les premiers freins à l’engagement d’agriculteurs en bio sont  psychosociologiques* – et le premier facteur de sécurisation des agriculteurs est l’affirmation d’une volonté partagée de développer la bio. Pour s’engager dans un changement aussi important de ses techniques et de ses circuits commerciaux, un agriculteur doit bénéficier d’une visibilité à moyen terme (aides stabilisées et garanties, soutien aux fédérations biologiques qui organisent de nouvelles filières, volonté politique, encadrement technique, valorisation au sein de l'enseignement agricole).

Les périodes d’accélération des conversions ne sont pas celles où les aides étaient les plus élevées (2000-2002), mais celles où il existait un affichage public clair en faveur de la bio (1998-1999).

* Cf. Garance Faugère, Pour un essor durable des grandes cultures biologiques – connaître et lever les freins à la conversion, FNAB / ONIC-ONIOL, 2001.

Le transfert de savoirs : l’indispensable accompagnement des conversions

Il ne peut y avoir de développement de la bio sans une formation initiale puis un accompagnement des conversions, car le passage en bio implique des changements techniques, économiques, organisationnels et humains très importants. L’accompagnement professionnel d’un agriculteur en conversion (c’est-à-dire la présence à ses côtés d’agriculteurs bio déjà expérimentés) permet à la fois :

Il est donc indispensable de permettre aux Groupements d’Agriculture Biologique et à leur fédération nationale (la FNAB), ainsi qu’aux associations biologiques (comme Nature & Progrès et le Mouvement d’Agriculture Bio-Dynamique), de disposer de moyens humains suffisants pour assurer cet accompagnement : c’est en leur sein que se trouvent les compétences, notamment par l’intermédiaire des paysans bio qui y adhèrent. Leur fragilisation économique est contradictoire avec toute politique de développement de la bio.

La difficulté d’accéder à des terres

La gestion actuelle des « autorisations d’exploiter » et des échanges des terres agricoles transforme une installation en bio en véritable course d’obstacles. Combien de futurs agriculteurs ont dû renoncer à s’installer, faute de parvenir à accéder aux hectares nécessaires pour leur activité ! Les organismes chargés de réguler les échanges fonciers, telles les SAFER* ne se donnent pas les moyens d’éviter que les fermes disponibles soient accaparées par les agriculteurs conventionnels désireux d’agrandir encore leur exploitation.

Pourtant, l’agriculture biologique est un formidable levier pour maintenir un réseau de fermes à taille humaine, voire pour faire revivre enfin des territoires devenus uniformes et dont l’environnement s’est dégradé.

* Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural.

Source : Agir pour l'environnement