Cela fait quelques années que nous suivons le travail de Paul Stamets, expert en mycologie depuis plus de 40 ans. Ses travaux représentent une vraie révolution et pourraient fortement aider à dépolluer les milieux naturels.

La mycologie c'est quoi ?

La mycologie est la science qui étudie les champignons.
Quand on parle de champignons on pense aux morilles, aux giroles, aux truffes... mais aussi aux amanites (phalloïdes, tue-mouche). Cela se résume à la comestibilité de ceux-ci.

Les champignons jouent aussi un rôle majeur dans la nature. Ils participent au cycle de la vie en dégradant le bois mort (saprophytes), ils peuvent s'associer à certaines plantes dans un but précis (par exemple la mycorhize du chêne produit des truffes). Vous entendrez souvent des agriculteurs se plaindre de l'oïdium et de la rouille (maladies cryptogamiques) qui sont aussi des champignons.

Ils interviennent aussi comme filtre pour épurer divers milieux (eau, air, sol), on parle alors de mycoremédiation.

La mycoremédiation

C'est une technique initialement promue par Paul Stamets et d'autres mycologues, elle est nouvelle en tant que concept scientifique et technique, mais elle est en fait utilisée depuis des millénaires dans les processus de compostage.

Elle repose essentiellement sur les interactions entre le champignon et ses métabolites, le sol ou l'eau et éventuellement des plantes ou micro-organismes participant aux cycles en jeu.

Champignons, plantes et micro-organismes ont coévolué pour disposer d’une stratégie à bénéfices mutuels leur permettant de gérer la toxicité naturelle de certains milieux. Ces processus peuvent être utilisés pour la bioremédiation. Les champignons symbiotes de nombreuses plantes étendent considérablement leur rhizosphère (le volume de sol soumis à l'influence de l'activité racinaire).

Exemple :

Un échantillon de sol contaminé par du fioul a été ensemencé avec un mycélium de Pleurote en huître alors qu'une bioremédiation plus « traditionnelle » (c'est-à-dire par des bactéries ou des produits chimiques) était pratiquée sur des échantillons de contrôle identiquement pollués. Les tas ont été ensuite bâchés. Après seulement quatre semaines, le tas de terre polluée et ensemencé était couvert de Pleurotes dont certains mesuraient 12 pouces (30 cm) de diamètre. Et plus de 95 % du nombre des HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) initialement présents étaient détruits, et les champignons ne contenaient pas de HAP, ce qui signifie que dans ce cas les HAP avaient bien été dégradés (a priori en CO2 et en vapeur d'eau) et non qu'ils ont simplement été déplacés et concentrés par les pleurotes.

Les auteurs précisent qu'après 8 semaines, les carpophores des champignons ont produit leurs spores et ont commencé à pourrir ce qui a attiré un grand nombre de mouches et d'autres invertébrés mangeurs de champignons venant se gorger de spores, qu'ils contribuent à diffuser. Ces invertébrés ont à leur tour attiré des oiseaux, ce qui fait que le tas de terre traité par les champignons grouillait de vie et évoquait une oasis, alors que les autres semblaient morts